La différence essentielle entre développer un logiciel libre et concevoir un matériel libre est que le matériel coûte forcément de l'argent.

Avant d'aboutir à quelque chose, il faut généralement plusieurs itérations.
Dans un logiciel, on corrige le bug et on recompile ce qui demande surtout du temps.
Tandis que pour un matériel, il faut fabriquer un nouveau prototype ce qui est bien plus coûteux, lent et complexe à gérer.

S'ajoute à cela des frais d'infrastructures importants car il faut souvent monter une entreprise pour concevoir, produire, vendre et supporter le matériel.
Ces sommes représentent évidemment une part importante dans le prix de vente des appareils.
Enfin, ces projets ciblent souvent des marchés de niche, ce qui n'enlève rien à l'intérêt qu'ils représentent mais ne permet pas de fabriquer de grandes séries (~10 000 unités ou plus) qui réduiraient les coûts.

Conséquence : les bonnes idées de matériels ouverts ne manquent pas, mais se lancer dans une telle aventure représente tant de risques que les projets franchissant le pas sont finalement peu nombreux et chacun doit faire face à de nombreuses difficultés tout en pariant sur un avenir incertain.

C'est pour tenter de résoudre ces problèmes que Justin Huynh et Matt Stack, ont lancé l'Open Source Hardware Bank.

L'objectif est d'aider les projets de matériel libre en proposant des solutions pour réduire les risques et en doublant la quantité de produits fabriqués
En effet, le principe proposé par la banque est d'acheter elle-même la moitié de la production pour multiplier par 2 le volume initial.
Ainsi, le coût à l'unité est réduit afin de motiver et démultiplier les acheteurs potentiels.

On le sait, la force de l'Open Source réside dans ses communautés et la banque compte exploiter cet avantage pour trouver des investisseurs.
Cela donne une sorte de CoFundOS adapté au hardware, et ça marche puisque des projets se développent déjà grâce à cette idée novatrice.

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